Après un billet un peu caustique, je retrouve un peu la fibre corporatiste : le mouvement des médecins libéraux commence à m’amuser franchement après m’avoir agacé en tapant dans le porte-feuille du malade sans plus de discernement. La cible est enfin juste : l’assurance maladie. La méthode digne de la Loi du Talion : arrêter la télé-transmission des feuilles de remboursement et retour aux feuilles de soins couleur terre… Non content de renvoyer la sécurité sociale à ses lecteurs optiques, ils corsent même l’exercice en utilisant des chiffres romains hors-cases. Du numérique à l’optique, voire de l’optique à l’oculaire. Œil pour œil…
L’argumentaire va maintenant plus loin que l’euro symbolique : pour que demain vous ne soyez pas soignés comme vous avez été vaccinés contre la grippe A, ou on court à la catastrophe sanitaire. Mes aînés ne croient plus dans l’avenir de la profession : trop de paperasse, trop d’objectifs à visée économique et non sanitaires infligés par la sécurité sociale pas assez de médecins installés dans le libéral : la médecine libérale et en particulier générale agonise.
Est-ce possible de croire à ce scénario catastrophe quand on est encore en formation ? Si j’en crois les médecins que je côtoie quotidiennement, oui. Mais la situation est générale : les hospitaliers craquent, le monde libéral craque et tous me disent que l’avenir n’est pas parmi eux. Seuls mes cours à la faculté où tout est enseigné avec espoir et optimisme tranche avec la morosité ambiante.
Si je veux croire en mon avenir, je n’ai pas le choix : je dois me boucher mes oreilles et croire encore en mes rêves, sinon autant me réorienter de suite. Peut-être médecin de sécurité sociale ?… en fait non, il n’y a plus que des CDD là aussi ! En cherchant à décrire mon rêve professionnel, j’ai trouvé une métaphore symbolique : j’exercerai la médecine de brousse !!! Si mon métier se meurt, qu’il puisse retrouver son état le plus précaire : la médecine humanitaire. Imaginez un dispensaire par canton, avec 3 ou 4 médecins, quelques infirmières et leur service de soin à domicile, un kinésithérapeute, une vacation spécialisée par semaine (lundi le cardio, mardi le rhumato, ect) et quelques ambulances. Non pas dans la jungle ou dans la savane, mais dans nos campagnes ! Fini le cabinet de village avec un médecin dévoué disponible jours, nuits, fériés… sauf périodes de burn-out. Et vive les 35 heures ! 35 heures de liberté : j’espère consacrer au moins la moitié du temps que consacre le français moyen avec sa famille, ses amis, ses loisirs. Après calcul, en dormant 8h par nuit, ça fait une RTT à 75 heures par semaine ! Dans les faits, la loi HPST donne déjà un nom à ces dispensaires et ils existent déjà : ce sont les "maisons de santé pluridisciplinaires", la formule fait plus moderne mais les congrégations religieuses dans les colonies avaient tout inventé ! Mais pour que mon dispensaire puisse ouvrir, ce ne sont pas MSF, Médecins du monde ou Sœur Emmanuelle qui feront venir mes patients… Au lieu de saborder la sécurité sociale, serait-il possible que l’Etat verse à la sécurité sociale les cotisation patronales versées à l’Etat au nom de la CSG ? Il paraît que la somme équivaut grosso modo au déficit annoncé !
Cependant, comme tous les travailleurs, laissez moi un choix : le salariat ou l’exercice libéral. Aujourd’hui, les médecins sont acculés à ce qu’aucun travailleur n’accepterait : un salariat sans avantages sociaux ou un exercice libéral sous tutelle et contraintes. Les inconvénients de chacun sans les avantages !
En ces périodes électorales, il faudra un fort courage politique pour revaloriser une profession dont l'opinion à l'image de privilégiés, en partie à tord... La santé des français et la place du système de santé français aux yeux de l'OMS en dépend.
L’argumentaire va maintenant plus loin que l’euro symbolique : pour que demain vous ne soyez pas soignés comme vous avez été vaccinés contre la grippe A, ou on court à la catastrophe sanitaire. Mes aînés ne croient plus dans l’avenir de la profession : trop de paperasse, trop d’objectifs à visée économique et non sanitaires infligés par la sécurité sociale pas assez de médecins installés dans le libéral : la médecine libérale et en particulier générale agonise.
Est-ce possible de croire à ce scénario catastrophe quand on est encore en formation ? Si j’en crois les médecins que je côtoie quotidiennement, oui. Mais la situation est générale : les hospitaliers craquent, le monde libéral craque et tous me disent que l’avenir n’est pas parmi eux. Seuls mes cours à la faculté où tout est enseigné avec espoir et optimisme tranche avec la morosité ambiante.
Si je veux croire en mon avenir, je n’ai pas le choix : je dois me boucher mes oreilles et croire encore en mes rêves, sinon autant me réorienter de suite. Peut-être médecin de sécurité sociale ?… en fait non, il n’y a plus que des CDD là aussi ! En cherchant à décrire mon rêve professionnel, j’ai trouvé une métaphore symbolique : j’exercerai la médecine de brousse !!! Si mon métier se meurt, qu’il puisse retrouver son état le plus précaire : la médecine humanitaire. Imaginez un dispensaire par canton, avec 3 ou 4 médecins, quelques infirmières et leur service de soin à domicile, un kinésithérapeute, une vacation spécialisée par semaine (lundi le cardio, mardi le rhumato, ect) et quelques ambulances. Non pas dans la jungle ou dans la savane, mais dans nos campagnes ! Fini le cabinet de village avec un médecin dévoué disponible jours, nuits, fériés… sauf périodes de burn-out. Et vive les 35 heures ! 35 heures de liberté : j’espère consacrer au moins la moitié du temps que consacre le français moyen avec sa famille, ses amis, ses loisirs. Après calcul, en dormant 8h par nuit, ça fait une RTT à 75 heures par semaine ! Dans les faits, la loi HPST donne déjà un nom à ces dispensaires et ils existent déjà : ce sont les "maisons de santé pluridisciplinaires", la formule fait plus moderne mais les congrégations religieuses dans les colonies avaient tout inventé ! Mais pour que mon dispensaire puisse ouvrir, ce ne sont pas MSF, Médecins du monde ou Sœur Emmanuelle qui feront venir mes patients… Au lieu de saborder la sécurité sociale, serait-il possible que l’Etat verse à la sécurité sociale les cotisation patronales versées à l’Etat au nom de la CSG ? Il paraît que la somme équivaut grosso modo au déficit annoncé !
Cependant, comme tous les travailleurs, laissez moi un choix : le salariat ou l’exercice libéral. Aujourd’hui, les médecins sont acculés à ce qu’aucun travailleur n’accepterait : un salariat sans avantages sociaux ou un exercice libéral sous tutelle et contraintes. Les inconvénients de chacun sans les avantages !
En ces périodes électorales, il faudra un fort courage politique pour revaloriser une profession dont l'opinion à l'image de privilégiés, en partie à tord... La santé des français et la place du système de santé français aux yeux de l'OMS en dépend.