vendredi 18 février 2011

La pudeur n'est le plus souvent qu'une question d'éclairage. (PJ Vaillard)

La sphère intime féminine, depuis la nuit des temps, est une histoire de femme, de la matronne aux sages-femmes, enfanter se partage entre filles. C’est encore le cas dans certaines sociétés où l’on reproduit un gynécée de mères, tantes, sœurs ou amies pour mettre au monde et soutenir la parturiente. L’homme est alors relayé dans la pièce avoisinante en attendant que l’enfant naisse.

Pourtant, avec la médicalisation des pathologies, des hommes ont souhaité connaitre aussi cette sagesse : les gynécologues. Depuis peu, c’est le monde à l’envers, les sages-femmes se masculinisent alors que la gynécologie se féminise. Ayant la sagesse sur les femmes, le terme de sage-homme ne sera pas approprié tant que les mâles ne seront pas en couche… mais ces maïeuticiens ont encore des difficultés à justifier de leur savoir auprès des accouchées, comme si enfanter n’est qu’une affaire de transmission d’émotions. Pour preuve, de nombreuses dames me demandent en consultation si je suis maman, question jamais évoquée lors des précédents stages, comme si c’était une preuve de mon empathie voire de ma compétence par l’expérience…

Par ailleurs, les jeunes étudiants masculins sont régulièrement refoulés des consultations, une paire d’yeux masculins maximum entre les jambes, rarement deux, alors que les étudiantes souffrent moins de cette marque de pudeur. A l’extrême et souvent pour une raison faussement religieuse, certains conjoints préfèrent que les yeux d’une interne se portent sur leur femme plutôt que la compétence d’un chef ! A en oublier qu’à force de voir des poils toute la journée, ce dernier n’a pas l’œil lubrique à la vue de la moindre femme d’ayatollah : il ne voit pas les poils mais cherche le point douloureux, l’empâtement, la masse, le sang qui coule, rien de bien désirable…

Pour les femmes gynécologues, le problème est tout autre : elles sont souvent plébiscitées par les jeunes filles, question de pudeur. Mais une fois qu’elles ont enfanté plusieurs fois et donc offert leur vagin à la palpation de nombreux gynécologues, sages-femmes, étudiants, elles recherchent une expertise qu’elle ne croient trouver que chez les vieux gynécologues, à voir leurs carnets de consultation bien remplis, en particulier pour la cancérologie et les grossesse pathologiques. Comme si la sagesse était encore une histoire de barbe blanche…