Depuis que j’écris ce blog, je cherche des citations et je croise souvent celle-là en priant pour ne pas l’utiliser. Échec et Mat. J’ai fait une erreur. Mortelle. Enfin peut-être, je ne sais pas, il paraît que oui ou il paraît que non selon les interprétations…
Si je résume, une patiente que j’ai autorisé à sortir rassurée est morte quelques heures après. Je ne saurais sans doute jamais si sa venue aux urgences a un lien avec son décès, si c’était une pré-alerte que je n’ai pas su repérer, si mes examens étaient suffisant pour diagnostiquer la cause qui a conduit au décès.
La famille veut maintenant comprendre ce que je n’arrive pas à élucider moi-même. Si je l’avais gardée sous surveillance, est-ce que ça aurait changé quelque chose ? Si on avait poussé les examens tels que certains me le suggère maintenant pour m’améliorer, est-ce qu’on aurait pu diagnostiquer son trouble, ou mieux le traiter ? D’après les retours que j’ai eu sur ce qui a causé le décès, la réponse est peut-être non. Mais voilà, on ne saura pas.
Maintenant, je dois vivre avec ce poids sur ma conscience. D’après mes pairs « ça m’arrive trop tôt dans la carrière pour avoir assez de distance», « je vais le porter pendant au moins six mois »… En pratique, je ne pense plus qu’à ça, à la famille, à ceux qui avaient alerté les secours une première puis une seconde fois sans que l’issue ne puisse être que fatale. A la patiente dont l’image ne me revient pas mais dont les paroles et ceux de son mari tournent en boucle dans ma tête. Effectivement, de la distance, j’en ai aucune. Face à beaucoup de situations tragiques à la fois médicales et sociales, j’ai appris à me protéger mais mon sentiment de culpabilité m’en empêche cette fois.
Le paradoxe de cette sale expérience, c'est ma culpabilité malgré l'incertitude. Un collègue m'a fait remarqué qu'on faisait sans doute sans le savoir des erreurs mortelles, sans réaliser le lien de cause à effet, ou sans savoir qu'il y a eu une issue fatale !
Maintenant, je n’ai pas le choix, je dois continuer à prendre en charge des patients, à les examiner, à prendre des décisions de faire et surtout de ne pas faire tous les examens imaginables, de les hospitalier et surtout de les autoriser à partir avec mon accord et donc ma responsabilité qui même si elle n'est pas juridique est d'abord et surtout morale. Tous les jours, je reprends le même risque, il doit être calculé, à chaque fois, mieux que la dernière fois. Mais depuis deux jours, j’ai perdu mes repères et mon début d’assurance.
Dans ma malheur, je ne suis pas seule. Mes collègues et mon chef ont fait front pour me protéger et me remettre le pied à l’étrier. Voilà ma première erreur enterrée, j'espère avoir un peu de distance temporelle et émotionnelle pour affronter la suivante.
Si je résume, une patiente que j’ai autorisé à sortir rassurée est morte quelques heures après. Je ne saurais sans doute jamais si sa venue aux urgences a un lien avec son décès, si c’était une pré-alerte que je n’ai pas su repérer, si mes examens étaient suffisant pour diagnostiquer la cause qui a conduit au décès.
La famille veut maintenant comprendre ce que je n’arrive pas à élucider moi-même. Si je l’avais gardée sous surveillance, est-ce que ça aurait changé quelque chose ? Si on avait poussé les examens tels que certains me le suggère maintenant pour m’améliorer, est-ce qu’on aurait pu diagnostiquer son trouble, ou mieux le traiter ? D’après les retours que j’ai eu sur ce qui a causé le décès, la réponse est peut-être non. Mais voilà, on ne saura pas.
Maintenant, je dois vivre avec ce poids sur ma conscience. D’après mes pairs « ça m’arrive trop tôt dans la carrière pour avoir assez de distance», « je vais le porter pendant au moins six mois »… En pratique, je ne pense plus qu’à ça, à la famille, à ceux qui avaient alerté les secours une première puis une seconde fois sans que l’issue ne puisse être que fatale. A la patiente dont l’image ne me revient pas mais dont les paroles et ceux de son mari tournent en boucle dans ma tête. Effectivement, de la distance, j’en ai aucune. Face à beaucoup de situations tragiques à la fois médicales et sociales, j’ai appris à me protéger mais mon sentiment de culpabilité m’en empêche cette fois.
Le paradoxe de cette sale expérience, c'est ma culpabilité malgré l'incertitude. Un collègue m'a fait remarqué qu'on faisait sans doute sans le savoir des erreurs mortelles, sans réaliser le lien de cause à effet, ou sans savoir qu'il y a eu une issue fatale !
Maintenant, je n’ai pas le choix, je dois continuer à prendre en charge des patients, à les examiner, à prendre des décisions de faire et surtout de ne pas faire tous les examens imaginables, de les hospitalier et surtout de les autoriser à partir avec mon accord et donc ma responsabilité qui même si elle n'est pas juridique est d'abord et surtout morale. Tous les jours, je reprends le même risque, il doit être calculé, à chaque fois, mieux que la dernière fois. Mais depuis deux jours, j’ai perdu mes repères et mon début d’assurance.
Dans ma malheur, je ne suis pas seule. Mes collègues et mon chef ont fait front pour me protéger et me remettre le pied à l’étrier. Voilà ma première erreur enterrée, j'espère avoir un peu de distance temporelle et émotionnelle pour affronter la suivante.
