vendredi 27 novembre 2009

Ce n'est pas ma faute, si, en écrivant, mon stylo se transforme en scalpel (H. Calet)

La honte de la semaine : un confrère m’a reproché mon écriture de cochon faute de ne pas avoir pu lire UNE lettre sur une demande de consultation… Ca aurait pu passer dans l’indifférence générale, mais me reprocher une « écriture de médecin » via un laiüs interminable bien paternaliste, ça frôle le mauvais gout, surtout quand le compte-rendu de la consultation en question d'une vingtaine de lignes est globalement illisible… Et j’ai le droit au même exercice de déchiffrage de hiéroglyphes à longueur de journée puisque mon sénior exèle aussi en la matière !

Pourquoi tant de haine ? C’est simple. J’ai gardé un point d’honneur à garder mon écriture de collégienne. Car, comme le rapellait justement un de mes professeur d’université, « nous écrivons pour être lu ». Point de salut. "L’écriture de médecin", ce n’est pas sensé être une tradition à préserver par monts et par vaux, une fierté corporatiste à défendre becs et ongles qu’on peut ériger en étendard de la profession. C’est juste un snobisme de fainéants irrespectueux qui se targuent d’avoir gardé un souvenir de gratte-papier de leurs années de concours estudiantins.

A tous les nostalgiques de la plume, je réponds que la révolution numérique a aussi du bon !

samedi 14 novembre 2009

Il va y avoir du sport, mais moi j'reste tranquille (Silmarils)

Après plus de deux semaines de silence, j’émerge !
Ce n’est pas l’excès de travail mais une petite fracture numérique qui m’a contraint au silence…

J’ai débarqué par un dimanche soir pluvieux dans l’hôpital local de mon nouveau gros bourg. Enfin, j’ai pu percevoir ce que signifiait « mesures incitatives » quand il s’agit d’accueillir la nouvelle fournée d’internes dans un canton légèrement reculé : chambre de garde prêtée le 1er soir, journée d’accueil avec croissants et mots de bienvenue de la direction, visite des urgences et des sites excentrés où nous pourrions intervenir de nuit, visite des logements de fonction. Sur ce dernier point, ils mettent le paquet ! L’internat n’ayant pas assez d’appartements, ils rechignent à nous donner leurs chambres vétustes et louent à leur frais de grands appartement meublés en centre ville. J’hérite d’un de ceux là et m’offre le luxe d’un internat extra-muros, le bonheur !

1ère soirée, 1ère garde ! Les hasards du tirage au sort ont encore joué à ma défaveur… ma première visite dans les étages était encore pour un constat de décès, et les patients de la nuit ont cru devoir imiter les sorties de boîtes un lundi soir. On a donc géré la crème de la crème des patients ingrats… pour une présentation à la population locale, c’était violent ! Mais depuis, les moldus se sont montrés bien plus sympathiques.

Enfin, ma vraie rentrée a eu lieu le mercredi, repos compensateur oblige. Ce fut tranquille, et à mon désespoir, ça l’est toujours ! Voilà un hôpital qui n’a pas attendu ses internes pour tourner… donc même sans moi, ça roule ! La visite se fait en duo avec un médecin qui préfère _ attendre que je sois à l’aise _ pour lâcher la bride, pour les courriers de sortie, on attendra que je les connaisse depuis leur entrée, idem pour les entretiens avec les familles, ça me laisse des heures de mou dans la journée, et le service informatique a bloqué Facebook histoire que je compte un peu plus les mouches. Depuis hier, les choses avancent. J’ai 6 patients à ma merci pendant la visite du matin, et donc autant de courriers à venir…. Souvenez vous de mes débuts de « presque » internat cet été où 15 patients m’ont été offerts dès le 1er jour... je suis presque nostalgique de l’effervescence d’alors.