Passage à l’heure d’été !
Quand l’été arrive, l’hôpital surchauffe. Le sujet est déjà largement médiatisé les années de canicules, mais comme cette année, le thermomètre n’explose que dans la toundra russe, autant y rajouter mon grain de sable…
En France, l’été, c’est les vacances. Point barre. Du coup, comme il faut pas trop en demander aux administrations hospitalières, à nos chers cadres de santé de compléter les plannings pour faire rentrer moins de personnel dans autant de cases que d’habitude.
Aux urgences, y’a pas le choix, on ne peut pas fermer, alors y’a quelques nouvelles têtes. Evidemment, pour les internes, l’équation ne tient pas. Comme on ne peut être plus d’un en vacances à la fois. La saison estivale dure six mois, amateurs du hors-saison ou pas. Et nous venons d’apprendre que les congés maladies ne seraient pas remplacés, après 3 mois à un rythme soutenu, l’hécatombe débute… et notre chef en rit.
Mais dans les autres services, l’équation paraît insoluble alors on « ferme des lits ». Souvent, ça part d’une logique : toutes les hospitalisations programmées ne sont pas programmées l’été faute de médecins et on concentre l’activité de l’hôpital sur le « programme chaud » comme on dit en chirurgie, ce qui relève de l’urgence, l’imprévisible. En pratique, pour admettre des patients dans un service, on entend alors des phrases ubuesque type :
- est-ce que le retour à domicile du patient sera possible le 9 juillet ? car le service ferme.
- Attendez, je sors ma boussole et ma boule de cristal !
- Pas d’admission possible, l’unité de soins intensif neuro est fermée
- mais, les soins intensifs par définition , c’est pas une unité de malades programmées? (heureusement, l’unité neuro-vasculaire palliait)
On sent bien que certains services ont eu les yeux plus gros que le ventre en divisant leur activité par deux. L’unité de courte durée ne peut plus faire tampon pour admettre dans le service ad hoc. Alors, comme la moitié des unités de certains services ferment, on « case » : une pneumonie en dermatologie, un AVC en médecine interne, une chirurgie de hanche en chirurgie viscérale et de la gériatrie à tous les étages. 5 à 10 % des lits ferment l’été selon la ministre, ils doivent tous être dans mon CHU !
Parce que l’été, les urgences, c’est comme la SPA. On y dépose son vi
eux avant de partir en vacances ! « Vous comprenez docteur, je pars dans le Gers demain, je ne peux plus m’en occuper et il va vraiment mal » (je vous renvoie aux articles de mon semestre de gériatrie pour vous laisser évaluer l’urgences des situations médicales qui relèvent d’une prise en charge sociale)… encore à moi de trouver la maison de retraite dans une demi-heure, ou de laisser gémir mamie toute perdue sur son brancard pendant que le fiston finit ses valises. Ou le must de la semaine : on trouve la maison de retraite, il faut juste patienter 4 jours avec mamie dans le salon, réponse de la famille « c’est vraiment pas possible, on a du monde à dîner samedi soir ». La génération de baby-boomer qui fait la leçon aux petits jeunes devraient se regarder le nombril… la vie, ce n’est pas que « sous les pavés, la plage ».
Pour finir, une petite pensée à ma collègue qui aura voulu (ou pas) tester l’hôpital vu du lit.
Quand l’été arrive, l’hôpital surchauffe. Le sujet est déjà largement médiatisé les années de canicules, mais comme cette année, le thermomètre n’explose que dans la toundra russe, autant y rajouter mon grain de sable…
En France, l’été, c’est les vacances. Point barre. Du coup, comme il faut pas trop en demander aux administrations hospitalières, à nos chers cadres de santé de compléter les plannings pour faire rentrer moins de personnel dans autant de cases que d’habitude.
Aux urgences, y’a pas le choix, on ne peut pas fermer, alors y’a quelques nouvelles têtes. Evidemment, pour les internes, l’équation ne tient pas. Comme on ne peut être plus d’un en vacances à la fois. La saison estivale dure six mois, amateurs du hors-saison ou pas. Et nous venons d’apprendre que les congés maladies ne seraient pas remplacés, après 3 mois à un rythme soutenu, l’hécatombe débute… et notre chef en rit.
Mais dans les autres services, l’équation paraît insoluble alors on « ferme des lits ». Souvent, ça part d’une logique : toutes les hospitalisations programmées ne sont pas programmées l’été faute de médecins et on concentre l’activité de l’hôpital sur le « programme chaud » comme on dit en chirurgie, ce qui relève de l’urgence, l’imprévisible. En pratique, pour admettre des patients dans un service, on entend alors des phrases ubuesque type :
- est-ce que le retour à domicile du patient sera possible le 9 juillet ? car le service ferme.
- Attendez, je sors ma boussole et ma boule de cristal !
- Pas d’admission possible, l’unité de soins intensif neuro est fermée
- mais, les soins intensifs par définition , c’est pas une unité de malades programmées? (heureusement, l’unité neuro-vasculaire palliait)
On sent bien que certains services ont eu les yeux plus gros que le ventre en divisant leur activité par deux. L’unité de courte durée ne peut plus faire tampon pour admettre dans le service ad hoc. Alors, comme la moitié des unités de certains services ferment, on « case » : une pneumonie en dermatologie, un AVC en médecine interne, une chirurgie de hanche en chirurgie viscérale et de la gériatrie à tous les étages. 5 à 10 % des lits ferment l’été selon la ministre, ils doivent tous être dans mon CHU !
Parce que l’été, les urgences, c’est comme la SPA. On y dépose son vi
eux avant de partir en vacances ! « Vous comprenez docteur, je pars dans le Gers demain, je ne peux plus m’en occuper et il va vraiment mal » (je vous renvoie aux articles de mon semestre de gériatrie pour vous laisser évaluer l’urgences des situations médicales qui relèvent d’une prise en charge sociale)… encore à moi de trouver la maison de retraite dans une demi-heure, ou de laisser gémir mamie toute perdue sur son brancard pendant que le fiston finit ses valises. Ou le must de la semaine : on trouve la maison de retraite, il faut juste patienter 4 jours avec mamie dans le salon, réponse de la famille « c’est vraiment pas possible, on a du monde à dîner samedi soir ». La génération de baby-boomer qui fait la leçon aux petits jeunes devraient se regarder le nombril… la vie, ce n’est pas que « sous les pavés, la plage ».Pour finir, une petite pensée à ma collègue qui aura voulu (ou pas) tester l’hôpital vu du lit.