lundi 4 octobre 2010

J'ai trop d'énergie pour travailler. (M. Achard)

Revenons dans l’actu : les retraites… à l’heure où les syndicats réclament la participation des jeunes, c’est l’heure de s’y mettre ! Bon, le billet va être court : comme beaucoup de jeunes, la technicité du débat m’échappe, contrairement à mes parents, je ne peux pas projeter en fonction de mes « trimestres », « annuités », le nombre d’enfants, faire des projections en monnaie sonnante et trébuchante et pourtant il paraît que je dois déjà y penser… et régulièrement, la caisse du personnel non titulaire de la fonction publique m’envoie mon cumul d’indice : je cumule donc des points qui n’ont encore aucune signification à mes yeux, c’est donc que je prépare déjà l’avenir sans m’en rendre compte et garde précieusement ces feuilles sous le coude !

Ce qui cristallise les débats, c’est surtout l’âge de départ : 60 ans. Quand les médecins ont pour la plupart plus de 50 ans, que beaucoup préparent la leur à 65 et que quelques vieux briscards gardent jusqu’au bout leurs vieux patients en libéral ou un bout de chariot de visite à l’hôpital à l’occasion… Difficile de dire comment j’aborderais, et donc comment je dois préparer l’échéance : serais-je au bord du burn-out à 55 ans, brisée par mes gardes, mes heures sup et l’accumulation de stress ou encore pleine de conviction à encore 65 ? Evidemment, je n’oublie pas que la retraite était initialement fondée sur un âge permettant de partir un an avant son espérance de vie : 60 ans pour un ouvrier américain il y a un siècle… Comme celle des médecins est la plus basse des cadres, équivalente à un ouvrier, ça devrait m’encourager à suivre le cortège… pour garder mes vingt années de farniente !

Le nombre d’années à travailler est encore plus obscur ! Quand dois-je considéré que j’ai commencé à travailler ? Est-je, comme un syndicat étudiant le préconise, été un travailleur intellectuel pendant mes 3 premières années ? Mon travail d’externe à mi-temps compté temps plein vaut déjà des points… mais peanut. Celui d’interne un peu plus mais ce n’est pas le début « officiel » de ma carrière. A priori, mes 6 dernières années d’études valent pour 150€ mensuels dans ma future retraite… si je la prenait maintenant à taux plein… donc c’est très virtuel.

Du coup, je cotise et je cotiserais aussi pour des caisses particulières complémentaires, comme la CARMF pour les médecins, qui est démographiquement en difficulté… On nous recommande déjà de mettre des sous de côté, mais pour tout : un investissement immobilier, les impôts sur le revenu, nos futures cotisations URSSAF, la retraite, ect. Pas facile de distribuer si peu d’œufs dans tant de paniers.

N’y pensons plus… cette réforme en cache bien d’autres avant mon départ. A voir mes confrères, la démographie des professions médicales, je préfère cotiser sans trop y croire et capitaliser par moi-même, avec prudence, telle une fourmi qui ne veut pas entendre le champ des cigales et des mégaphones.

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