samedi 16 avril 2011

Chaque fois que mon percepteur revenait, je payais un impôt sur le revenu. (R. Devos)

Voilà déjà 7 ans et demi que j’étudie, mais à partir de début mai, on peut considérer que cela devient « professionnalisant » puisque je serai en stage chez des médecins généralistes pendant 4 mois le prochain semestre. Le premier en rural, les deux autres dans ma ville, deux hommes, une femme. Et principalement des patients jeunes, histoire de rattraper mes lacunes de pédiatrie.

Je vais enfin savoir ce que mon futur métier a de si différent des pratiques hospitalières et salariées, me mettre au rythme de patients suivis au long court, dans leur jus, appréhender les conditions de travail libéral ou comment faire tourner une petite entreprise.

Déjà, il y a 15 jours, j’ai eu un aperçu à la faculté : l’URSSAF, la CPAM, l’Ordre des Médecins et une comptable sont venus nous expliquer les méandres fiscaux, comptables, juridiques de notre future activité. Au passage, l’inspecteur de l’URSSAF ressemblait à sa caricature : un grand homme sec, la cinquantaine, oreilles décollées, sourire pince sans rire, un costume un poil trop grand, qui t’explique sympathiquement que si on prend les devants, il sera ravi de réexpliquer comme te prélever sans contraintes… mais avoue que même hors du travail, la populace se braque systématiquement quand il dévoile sa profession ! En sortant, j’étais ravie : ça paraissait moins angoissant, pas si compliqué. En effet, se réveiller après presque 10 ans d’études et réaliser qu’on ne connaît pas la moitié de notre métier, ça fait très très peur ! Habituellement, gérer une entreprise, c’est déjà des études à part… mais beaucoup de professions libérales (artisans, commerçants, ect) sont aussi autodidactes que nous. Je suis ensuite allée voir en pratique sur les forums les problèmes que rencontraient fréquemment les jeunes remplaçants et installés… et là, j’ai encore eu peur : arnaques à foison, difficultés à faire valoir ses droits auprès d’une administration peu flexible surtout en cas d’erreur en votre faveur, ça promet !

Mais bon, tous ses tracas ne valent que si les sous de son propre labeur rentrent dans les caisses… vivement ! A moins que ce ne soit déjà le cas puisque dans un mois, j’aurais l’honneur et le désavantage de remplir ma première déclaration de revenu 2042 en frais réels, preuve ultime de mon indépendance vis à vis de mes parents qui cette année ne veulent plus profiter de ma part fiscale faute de revenus assez modestes… Joie.

En attendant, je finis sans regret mon stage de gynécologie car je commence à progresser dans des domaines qui requièrent la compétence des spécialistes et je stagne dans ce qui me serait utile en médecine générale mais impossible à acquérir dans mon service.

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