vendredi 6 mai 2011

Le premier pas, mon fils, que l'on fait dans le monde est celui dont dépend le reste de nos jours. (Voltaire)

Premiers jours de cabinet de médecine générale.

Et ça fait très bizarre : c’est une médecine qui me semble bien plus accessible que ce que j’ai connu jusqu’alors. Elle est simple sur le papier : une toux, une plaie, une anxiété. Mais contrairement à la médecine hospitalière, elle s’enrichit beaucoup plus vite. Non pas que les médecins généralistes soient différents de ceux de l’hôpital, le moule est le même. Mais les patients se comportent différemment en intégrant plus facilement leurs maux dans leur vie, où le suivi par l’accumulation des consultations permet cela. 

Par exemple, une patiente souffrant d’une poussée de polyarthrite pour laquelle elle est reconnue travailleur handicapé exprime sa souffrance à postuler sous ce statut, craignant la réaction des employeurs. Une autre un peu hypocondriaque évoque aussi les nausées de son mari cardiaque, invité à venir dans l’heure qui suit en consultation le temps d’un petit électrocardiogramme… 

Le lendemain, je tiens les rênes : mon chef est là mais c’est moins qui mène la consultation de A à Z. Ce n'est pas très simple, le dossier informatisé n’est pas assez complet et il me manque plein d’éléments et pas assez de temps pour résumer une vie devant un ulcère. Du début à la fin, le logiciel méconnu me freine et je perds ma spontanéité, j’oublie de rendre les cartes vitales, la pharmacopée des petits bobos reste encore un mystère, mais c’est le métier qui rentre...
Mais tout ça me plait, c’est de bon augure pour ce stage professionnalisant.

En fait, j’ai un peu menti, ce ne sont pas mes premiers jours en médecine de famille, j’avais déjà effectué un round d’observation pendant mon externat. Mais finalement, je peux constater la marche franchie en une année : mon expérience hospitalière de prise en charge diagnostique et thérapeutique comme interne m’ont permis de prendre une sacrée hauteur pour ce nouveau poste d’observation.  J’espère pouvoir donc me voir confier quelques consultations pour confirmer ces impressions. N’allez pas croire que j’ai l’impression d’avoir tout compris et de tout maîtriser : j’ai conscience des énormes lacunes à combler pour pouvoir me prévaloir de pas être mauvais, mais en trois jours, je me suis un peu rassurée.

1 commentaire:

  1. C'est cool si ça te plait déjà. Mais en trois jours, tu n'as rien vu en effet, juste entrevu. C'est ça qui est beau dans ce métier, ça change tous les jours et il y a de très bons moments comme de plus durs
    Bonne continuation

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