Aujourd’hui la « vieillesse » fait le buzz dans notre actualité : les vieux vieillissent, les retraités augmentent, la démographie s’emballe quand nos baby-boomers deviennent papy-boomers ! Alors, comment fait-on ? Un seul leitmotiv : rester à la maison le plus longtemps possible, coûte que coûte ! Et bizarrement, les gens, pour une fois, n’en appelle pas aux aides sociales mais aux aides médicales ! Je m’explique.
Cas classique de gériatrie : c’est l’hiver, il fait froid, Mamie se sent pas bien, elle est hospitalisée pour une pneumopathie. Au passage, on lui trouve quelques soucis de mémoire « qui ont toujours été là », selon les proches, et une marche un peu trop dandinante… mais c’est assez important pour ne plus savoir couper le gaz en cas d’urgence ou se relever après un vol plané. Tout ça, la famille en a conscience, mais « elle a toujours su se débrouiller quand même ». Oui mais après ? Tous ses maux, avec le vieillissement, vont rarement vers un mieux. L’hôpital est alors là pour aiguiller : on explique comment mettre en place une aide ménagère à domicile, on justifie médicalement le passage d’infirmières ou de kinésithérapeute, autant de guetteurs à domicile quelques minutes par jour. Le reste du temps, la téléalarme accrochée au poignet rapproche des familles. L’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) permet de ne pas privilégier que ceux qui le sont déjà.
Mamie chute à la maison. Cette fois, elle ne s’est pas loupé : retour à la case hosto. Pour lui réapprendre à marcher, on lui propose quelques semaines en convalescence, on renforcera les aides à la maison, l’APA aussi si sa dépendance augmente. Pour cette famille, les choses évoluent doucement, elle rentre dans le « système » et se rode aux aides sociales. On sent bien que les choses s’aggravent, une inscription préventive en maison de retraite est envisagée car à cause de la chambre à l’étage, les WC aux sous-sol et les couloirs trop étroit pour le rollator, le passage de l’ergothérapeute à la maison n’a pas pu faire de miracle.
Ca c’est quand ça va bien : une famille conciliante qui fait le « deuil » de l’autonomie de Mamie en acceptant la main tendue.
Mais on peut aussi faire un scénario plus hard. Depuis 3 ans, Papi perd la vue, progressivement, doucement, mais sûrement comme lui a dit à chaque fois son ophtalmo… Un jour, le voilà hospitalisé pour le temps d’un examen de routine. On rencontre la famille, et on parle du retour à la maison, celle qu’il n’aurait pas quitté si l’examen n’avait pas été envisagé. Et là, c’est le drame : le médecin est vraiment inconscient de faire rentrer chez lui un patient qui ne voit plus que des ombres et qui ne peut plus se débrouiller. On propose alors plusieurs solutions :
Au passage, une petite information pratique offerte par la maison. Le jour où la maison de retraite vous appelle car une place est libre : c’est pas forcément pour y caser Mamie, mais vous savez alors qu’elle vient de prendre la première place sur la liste d’attente… pour la prochaine fois, au cas où. Mieux vaut prévenir que guérir : ça s’applique aussi aux aides sociales, et c’est encore mieux fait quand des professionnels vous accompagnent, et non les médecins ou les infirmières de l’hospitalisation de trop…
Cas classique de gériatrie : c’est l’hiver, il fait froid, Mamie se sent pas bien, elle est hospitalisée pour une pneumopathie. Au passage, on lui trouve quelques soucis de mémoire « qui ont toujours été là », selon les proches, et une marche un peu trop dandinante… mais c’est assez important pour ne plus savoir couper le gaz en cas d’urgence ou se relever après un vol plané. Tout ça, la famille en a conscience, mais « elle a toujours su se débrouiller quand même ». Oui mais après ? Tous ses maux, avec le vieillissement, vont rarement vers un mieux. L’hôpital est alors là pour aiguiller : on explique comment mettre en place une aide ménagère à domicile, on justifie médicalement le passage d’infirmières ou de kinésithérapeute, autant de guetteurs à domicile quelques minutes par jour. Le reste du temps, la téléalarme accrochée au poignet rapproche des familles. L’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) permet de ne pas privilégier que ceux qui le sont déjà.
Mamie chute à la maison. Cette fois, elle ne s’est pas loupé : retour à la case hosto. Pour lui réapprendre à marcher, on lui propose quelques semaines en convalescence, on renforcera les aides à la maison, l’APA aussi si sa dépendance augmente. Pour cette famille, les choses évoluent doucement, elle rentre dans le « système » et se rode aux aides sociales. On sent bien que les choses s’aggravent, une inscription préventive en maison de retraite est envisagée car à cause de la chambre à l’étage, les WC aux sous-sol et les couloirs trop étroit pour le rollator, le passage de l’ergothérapeute à la maison n’a pas pu faire de miracle.
Ca c’est quand ça va bien : une famille conciliante qui fait le « deuil » de l’autonomie de Mamie en acceptant la main tendue.
Mais on peut aussi faire un scénario plus hard. Depuis 3 ans, Papi perd la vue, progressivement, doucement, mais sûrement comme lui a dit à chaque fois son ophtalmo… Un jour, le voilà hospitalisé pour le temps d’un examen de routine. On rencontre la famille, et on parle du retour à la maison, celle qu’il n’aurait pas quitté si l’examen n’avait pas été envisagé. Et là, c’est le drame : le médecin est vraiment inconscient de faire rentrer chez lui un patient qui ne voit plus que des ombres et qui ne peut plus se débrouiller. On propose alors plusieurs solutions :
- un garde-malade : trop cher
- un hébergement temporaire : trop cher (certes, comme une maison de retraite…)
- le garder chez vous : vous n’y pensez pas, il semble être gentil à l’hôpital mais c’est un sale caractère ! Et notre domicile n’est pas adapté à son handicap !
- « Une maison de retraite, tout de suite ! » L’année d’attente minimum, ils ne l’entendent pas.
- « Une convalescence en attendant» sans justification médicale…
Au passage, une petite information pratique offerte par la maison. Le jour où la maison de retraite vous appelle car une place est libre : c’est pas forcément pour y caser Mamie, mais vous savez alors qu’elle vient de prendre la première place sur la liste d’attente… pour la prochaine fois, au cas où. Mieux vaut prévenir que guérir : ça s’applique aussi aux aides sociales, et c’est encore mieux fait quand des professionnels vous accompagnent, et non les médecins ou les infirmières de l’hospitalisation de trop…
Ma grand-mère correspond en tout point à votre dernier exemple/ Elle perd la vue, un AVC a encore réduit ses possibilités, elle a été hospitalisé après un malaise cardiaque, mais a tellement mal vécue l'hospitalisation que le chef de service a décidé de la laisser repartir : "elle veut mourir chez elle" a-t-il dit. Sauf qu'elle ne meurt pas et refuse toute aide à domicile, toute hospitalisation et se montre extrêmement dure envers ses proches qui font ce qu'ils peuvent !
RépondreSupprimerC'est moche de vieillir...
C'est rarement une sinécure de perdre ses facultés et d'accepter de dépendre des autres. C'est dur pour la famille de faire ce "deuil" mais c'est encore plus dur pour les patients qui ressente aux quotidien ces faiblesses et refusent donc de dépendre des autres pour les actes les plus simples de la vie, comme s'il devait faire le deuil d'eux même... quitte à exprimer ce désarroi par de la colère ou de l'agressivité.
RépondreSupprimerBon courage !
PS : je sais que certains ont interprété ce billet comme un manque de compréhension envers les difficultés de nombreuses familles dans ce domaine. Ayant personnellement vécu ces difficultés récemment, je voulais juste donner des pistes en mettant en valeur l'absurde de certaines situations, malheureusement fréquentes. En lisant entre chaque ligne, vous trouverez quelques solutions quand ces problèmes se reproduiront chez vos proches, et ils se reproduiront forcement...