samedi 23 avril 2011

"Lorsque l'enfant paraît...", je prends mon chapeau et je m'en vais. (P. Léautaud)

Grosse découverte en salle d’accouchement. Les primipares, novices de l’accouchement, préfèrent prendre les devants pour assurer les arrières en éditant un « projet de naissance ». Le profil est globalement toujours le même : très éduqués sauf en médecine, ces couples fréquentent assidûment les forums de patients, sont entre bio et bo-bo, lisent Dolto pour apprendre à éduquer leurs futurs mioches et ont dévalisé la FNAC de toute la littérature spécialisée sur la grossesse mais sur ses maux plus que sur ses joies. Ils arrivent donc à la consultation du 9è mois pleins d’appréhension et le bout de papier à la main.

Je ne sais pas bien d’où vient l’idée voire le porte-voix de ce projet : même si les mots semblent soupesés par chaque couple et le style propre à chacun, les éléments évoqués sont globalement toujours les mêmes. La réaction de l’équipe soignante est souvent amusée devant la prose à lire mais repère un à un la liste des anxiétés à calmer. Je vais tacher de vous soumettre les réponses à la lecture de ces papiers… celle d’une petite souris qui a passé 6 mois dans ces salles sans être une pro de l’accouchement.

D’abord, les présentations : le papa, la maman, et le fœtus sont dévoilés, s’ajoutent le nom de la sage-femme libérale, du médecin traitant ou du gynéco.

Ensuite, le projet débute à l’arrivée en salle d’accouchement, il faut que ce soit « dans une salle calme, avec de la lumière tamisée, un minimum de passage », les étudiants sont donc refoulés, on ne pourra pas non plus y prendre notre café à la pause… au cas où l’idée nous aurait effleuré de transformer la pièce en hall de gare. Dans les nouvelles salles, les néons se règlent mais la plupart des salles médicalisées sont équipées d’un scialytique, une lampe comme chez le dentiste où la bouche est vaginale… seulement dégainé au dernier moment !

« Le papa devra toujours être présent. » A part pour la pose de la péridurale et quelques gestes médicaux impressionnants où le spectateur vacille plus vite que la patiente, leur présence est vivement souhaitée pour nous aider à décoder les souhaits et les craintes de la future maman et l’assister psychologiquement.

« Il ne faudra pas mettre de perfusion, trop utiliser le monitoring fœtal, éviter le scope en continu qui entraveront les mouvements de la mère à qui on laissera chercher librement la position qui lui ira » Sur ce point, je comprends la réticence à la médicalisation et l’intensité est très variable d’une équipe à l’autre. Mais sachez déjà que la péridurale, donc l’accouchement plus confortable impose le package de connectique complet ! Par ailleurs, ce sont ces artifices qui ont permis la diminution du risque vital maternel et fœtal au moment de l’accouchement, même si on pourrait parfois les utiliser avec plus de parcimonie quand tout va bien. Quant à la position finale, elle est malheureusement encore soumise à l’expérience de la sage-femme dans la maîtrise de l’inversion de ses repères.

Il y a 2-3 phrases glissées au milieu, où, malgré tous les éléments évoqués, les couples admettent humblement leur manque d’expérience et attendent les conseils avisés de l’équipe d’obstétrique. Sauf le dernier projet lu composé de tirets organisés, péremptoires, sans nuance, afin que le message reste clair ! Ça change des proses aux doubles négations parfois incompréhensibles !

Lu ce jour sur ce projet « laisser l’enfant s’engager dans le bassin avant de me demander de pousser ». Techniquement, on ne peut pas trop faire autrement, à moins de vous demander de pousser pendant 5 à 10 heures ! Ce genre d’aberrations piquées sur internet illustre bien le problème majeur : la communication orientée vers les forums ou sites « spécialisés » plutôt qu’avec l’équipe de la maternité du coin… Ensuite, « l’enfant doit pouvoir sortir seul, le bébé doit être attrapé seulement lors de la sortie des épaules »… promis, on ira le chercher que s’il reste coincé ou qu’il le vit très mal au vu du monitoring (et oui, ça sert !), pour le reste, les sages-femmes essayent plutôt à l’inverse de retenir son élan pour éviter l’épisiotomie tant redoutée. Autre élément systématique : « ne pas couper le cordon avant qu’il arrête de battre »… C’est pour l’équipe un « détail » au vu du moment vécu : on pose d’abord le nouveau-né sur sa maman et on vérifie qu’il est rose, qu’il respire, mais on clampe assez rapidement le cordon car le sang est déclive et on préfère garder le sang dans le bébé plutôt que de le laisser battre vers le placenta… et histoire de laisser au papa le soin de remplir sa grande mission : couper !

Au moment de pousser, on tient à nous rappeler que « l’épisiotomie n’a pas lieu d’être » et que d’ailleurs « c’est prouvé ». Alors, certes, c’est vrai que l’épisiotomie systématique n’est pas prouvée et que quand on peut l’éviter et écrire « périnée intact » sur le dossier, on a la satisfaction réciproque du travail bien fait… au pire, les éraillures sont supportables et les déchirures vaginales suturées vite oubliées. Mais quand l’épisiotomie (incision cutanée et musculaire du vagin) permet d’éviter un « périnée complet » c’est-à-dire et une atteinte des sphincters, ces muscles bien utiles pour retenir ses selles et son urine quand on court derrière le nouveau bambin… ça n’a pas de prix ! Bien sûr, on le fait quand tout est prêt à craquer…

Enfin, on nous rappelle que « le peau-à-peau est une mesure de réchauffage sûre, que la pesée n’est pas indispensable dans les minutes qui suivent la naissance et que la mise au sein sera aussi rapide que possible et à la guise du bambin qui cherchera lui-même le sein », là-dessus les maternités ont quand même bien progressées : leur priorité reste de confirmer si ça ne semble pas évident que votre enfant respire correctement et de faire seulement les gestes vitaux si besoin avant de vous laisser seuls pour ces grands moments.

Au mieux, les parents pensent à la césarienne mais « sous anesthésie rachidienne plutôt que générale ». Nous aussi on préfère. Mais une rachi-anesthésie c’est bien plus long à faire alors quand il faut aller très très vite car la vie du fœtus est en grand danger, le choix est vite fait, mais c’est rarement le cas. De la même manière, le premier contact avec la maman, les soins en présence du papa, ect sont conditionnés par la santé du nouveau-né qui reste LA priorité même on comprend que c’est capital.

Heureusement, certains parents, tellement obnubilés par la nouveauté et l’exceptionnel de l’instant, en oublient qu’ils avaient tout programmé sur la feuille de route. Je pense à ces bo-bo bio qui ne voulaient que du « physio » : la maman s’est rapidement trouvée perfusée, monitorée, anesthésiée à cause d’un travail trop précoce, qui a accepter sans broncher une césarienne pas du tout évoquée dans le projet, avec la présence d’une étudiante (me !) dans la salle, un papa un peu plus distant, un enfant aspiré à la naissance puis transféré en néonatologie sans avoir eu le temps d’un bisou. Dans l’urgence, l’équipe n’a retrouvé le projet dans le dossier qu’une fois le bébé né… Revue à la sortie avec son enfant en pleine forme, elle relate émue l’histoire d’un projet raté qui ravie la maman car on a fait passer un peu d’humanité et d’explications en plus de nos médocs… Comme quoi !

Au final, à mes yeux, ce projet n’aurait donc qu’un seul but : faciliter la COMMUNICATION qui calmerait les angoisses exprimées maladroitement sur ce « projet ». Malheureusement, certains couples se braquent comme si Internet, qu’ils ont copié-collé, pouvait anticiper ce moment indescriptible et difficilement prévisible dans son déroulement. Chers parents, continuez à amuser les équipes mais faites preuve de sincérité : les nouveaux parents devraient être plus naïfs et pas aussi stéréotypés par des projets « clés en main ». On devrait voir écrit plutôt des sentiments qu’une analyse de fatra technique mal maîtrisé du style : « j’ai peur de l’épisio », « expliquez-moi pourquoi vous me proposez tel ou tel médicament » « je souhaiterais que ça reste naturel » « laissez-moi profiter le plus possible de mon bébé en m’indiquant comment le mettre à l’aise » « invitez le papa à participer aux premiers soins du bébé »… qui permettrait aux sage-femme de vous accompagner progressivement de façon adaptée sans donner l’impression d’une bataille d’expertise.

A vos plumes originales nouveaux parents si chanceux ! L’aventure commence ! Et surtout, PARLEZ-en tant que plus de ce projet à chaque contact avec les sages-femmes et gynécos de votre maternité.

7 commentaires:

  1. Chère Mary Putnam,

    D'après mon expérience - de médecin travaillant en maternité, mais aussi de maman ayant fréquenté les susdits forums - certes on voit des primi au profil "bobo-bio" arriver avec des PDN copiés-collés depuis DoctissimAuf ...
    ...mais je trouve qu'on voit SURTOUT des mamans ayant mal vécu leur 1er accouchement, pas assez informées sur les gestes pratiqués, pas assez entendues dans leurs angoisses, et qui utilisent le PDN comme un moyen de reprendre la main.

    Tu sembles avoir la chance de faire ton stage dans un service qui se soucie de la physiologie et du bien-être maternel - et j'ai la chance de travailler et d'avoir accouché, 2 fois, dans ce genre d'établissement. Malheureusement ce n'est pas le cas partout.
    Il y a encore des salles de naissance où l'on néglige le peau-à-peau, où on aspire systématiquement les bébés, où on part les réanimer dans une autre pièce en laissant les parents désemparés et sans information.
    Il n'est, à mon sens, pas acceptable de s'entendre dire par l'obstétricien, au terme de 16h de travail avec extraction instrumentale, "Vous avez poussé comme une mauviette" (véridique!). Ou, après un déclenchement pour convenance personnelle de l'obstétricien (dans le privé), que la SF qui a tout géré demande "d'arrêter de pousser le temps que le docteur arrive".

    Dans ma maternité, on encourage la rédaction des projets de naissance, comme un moyen de s'approprier ce moment, mais surtout d'ouvrir le dialogue.

    Je reviens, à titre personnel cette fois, sur la péri qui rend "l'accouchement plus confortable" ; c'était aussi ma conviction quand j'ai fait un stage d'obstétrique en DCEM3,et je me souviens d'avoir eu des débats assez passionnés sur le sujet avec ma maman (4 accouchements sans péri) à l'époque...
    J'ai vécu 2 accouchements différents : le plus inconfortable a clairement été le 1er, pour lequel j'étais sous péri (siège décomplété), la position et les difficultés de mobilisation m'ayant collé des crampes maousse dans les mollets et les cuisses - mon plus mauvais souvenir de cette naissance! Ma 2e fille est née sans péri, 40 min après après mon arrivée à la mater', et si un jour il y a un 3e, ce sera aussi sans péri : le confort n'est pas seulement le management de la douleur.

    Pour finir, une lecture très intéressante, à des kilomètres des classiques sur la grossesse : 'Une naissance heureuse", d'Isabelle Brabant. A lire, à titre personnel et professionnel. Moi ça m'a vraiment fait mûrir et progresser par rapport à la naissance.

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  2. Et bien moi je trouve ça bien que les parents fassent des projets de naissance. Ca prouve leur implication, et une réflexion autour de la naissance de la parentalité. Les parents essaient de se réapproprier la naissance, et c'est plutôt bien. En France, on a un peu trop tendance à l'envisager uniquement sous l'angle du médical, à la mettre dans les mains de l'équipe. Ca transparaît un peu dans ton billet: les projets de naissance "amusent l'équipe", et les parents devraient mettre d'autres mots sur leurs attentes, comme si leurs attentes (ne pas vouloir d'épisio systématique) était justes dues à une peur de l'épisio. Il y a quand même un poils de condescendance dans cette façon de voir, tu ne crois pas? (je ne parle pas de toi, mais du monde médical en général) D'un côté l'équipe médicale qui sait, de l'autre les parents qui ont besoin d'être guidés. Pour être et médecin et maman, je peux te dire que quand tu passes de l'autre coté de la barrière, tu as beau avoir des qualifications (je suis médecin et mon mari est sage-femme...) tu es parent. Et donc pris avec le poil de supériorité qui s'impose: l'équipe SAIT. Toi, tu es au pire l'empécheur de tourner en rond aux exigences insupportables, au mieux "bobo-bio" option doux-rêveur loin des réalités médicales. Que les parents cherchent à s'affranchir de ce positionnement et demandent un peu plus de respect et d'accompagnement dans ce qui est un événement majeur de leur vie me semble la moindre des choses. Cela suscite chez moi plutôt l'admiration que de l'amusement: s'opposer à une équipe et à un système de soin requiert du courage, tu ne crois pas?

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  3. Tellement vrai!
    Alors je suis actuellement des 2 côtés (interne en médecine gé ET enceinte de mon 2ème...): pour mon ainée, pas de "projet", j'ai suivi le mouvement et écouté les SF et le gynéco. Mais j'ai été déçue qu'on me fasse une épisio "de confort" dès le début de la poussée et qu'on coupe le cordon sous le nez du papa qui n'attendait qu'une chose, le faire soit même... (on m'a dit après: ben il fallait le dire avant...)

    Alors pour le 2ème, j'ai pris les devants et j'en ai parlé à mon obtétricien au dernier RDV. Il m'a répondu: "bien sûr si on peut se passer d'épisio, on le fait; Et on propose toujours au papa de couper le cordon...(euh non?) Donc, ben je l'ai quand même noté sur un papier dans mon dossier méd, on sait jamais!

    Et voilà comment on se retrouve à faire une pauvre liste de ce qu'on souhaite pour la naissance...
    (la mienne est très succinte, mais j'ai bien rigolu en voyant des trucs de ouf sur les forums de mères angoissées et bio-bo comme je dis)!

    je raconte ma vie là! désolée
    celiner83

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  4. Merci +++ pour vos com, ça fait plaisir de voir que ça fait réagir (je m'en doutais un peu...)
    En fait : oui je suis dans un service de gynéco qui est assez ouvert d'esprit, mais qui médicalise un peu à l'excès par rapport à ce que j'ai pu voir dans le passé (monito continu, perfusion de ringer dès l'entrée en salle, ect)
    J'ai conscience de la difficulté à ne pas savoir, et je pense même que l'équipe ne le détient pas en entier : la douleur, les sensations sont des choses qui n'appartiennent qu'à la future maman.
    Ce que je voulais pointer du doigt, sans remettre en cause l'intérêt des projets, c'est surtout leur côté peu spontané, copié sur les sites. Après, je ne conteste pas l'idée, mais je regrette qu'elle ne soit pas sujette à plus de communication avec les équipes (dans mon stage) car je pense que c'est vraiment la clé pour que l'alchimie entre l'équipe et les couples prennent : parler plus que tendre une feuille de "directives".
    Mais je me refuse à penser que les mauvaises pratiques doivent faire lieu d'un d'un opposition entre patients et équipes, c'est d'abord une question d'écoute réciproque. Mais je répète... je dois sans doute pas avoir vécu les pires conditions de pratiques, au contraire.
    Encore merci pour vos réponses de maman médecin ! Ce que je n'ai pas encore la chance d'être...

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  5. Je découvre par hasard votre blog, et je suis déçue de ce billet, malheureusement bien représentatif du rapport(médical) français à la naissance. Celle ci est un moment symbolique et essentiel dans la vie des parents, et il est important de les écouter, même s'ils ne sont pas formés.
    Il me semble qu'il est difficile de trouver l'équipe médicale qui saura réellement écouter les parents, c'est à dire en remettant en cause ses protocoles. Parlons des accouchements sans péridurale (sinon la technique est déjà présente), ce n'est pas vrai que le monitoring en continu améliore la sécurité, cela ne sert à rien d'interdire de boire, voire de manger... il suffit de regarder le site de l'OMS pour voir les pratiques utilisées à tort, ou regarder ce qui se fait dans d'autres pays (belgique, suisse, Allemagne), où les risques sont finalement plutôt mieux maitrisées. Donc oui, les parents peuvent être maladroits et mal informés, mais parfois ce sont les médecins (ou les sage-femmes) qui se trompent...

    une Maman scientifique mais pas médecin

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  6. C'est bien... à lire votre commentaire, on a l'air assez d'accord (hosmis le fait que je n'ai pas les compétences suffisantes sur l'apport alimentaire qui pourrait compliquer le travail de l'anesthésiste en cas de césarienne en urgence en fin de travail).
    Pour le reste, tt ce que vous dites se retrouve dans mon billet et mes commentaires : communication, doutes sur le monito continu. Mais je maintien, le fait de se poser en confrontation, pour les parents et les équipes, c'est contre-productif.

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  7. si/quand un jour tu devien(dra)s mère... prends le tps de revenir sur ce billet pr nous faire les commentaires qu'il t'inspirera à ce moment là ;)

    car oui les projets de naissance ont comme vocation de faciliter le dialogue, mais comment une primipare pourrait elle savoir a priori comment ses demandes vont être reçues, si même elles vont être entendues ...
    Et comment une primipare pourrait elle savoir, avant...autrement que par les informations délivrées par sa SF en prépa à l'accouchement (dc "biais médical" ) , ou par celles fournies par ses amies, ou les fameux sites internet...(qui ont le mérite de fournir des points de vues souvent contrastés), comment être "spontané" pr reprendre ton terme , pour cet évènement qu'on n'a pas encore traversé soi-même ;)

    Surtout que par ailleurs, le vécu banal de patient ne prédispose pas tjrs à un a priori favorable quant à l'écoute qu'on va avoir en face.
    Bref, oui, le dialogue est la clé pr que ces moments à chaque fois uniques soient aussi magiques que possible...

    une autre maman scientifique mais pas médecin non plus ;)

    PS : pr l'anecdote, j'ai eu la chance de donner naissance à mes 3 petitous ds une maternité devenue "labellisée" Amie des bb, où l'écoute était là. Ns n'avons jamais "rédigé" de projet de naissance, mais j'ai clairement fait évoluer mes ddes discutées avec les SF lors du suivi mensuel à partir des informations recueillies "ailleurs". (et l'an dernier, les futures mères en travail avaient "officiellement" le droit de boire ... ce qui n'était pas le cas 4 ans plus tôt. Et en terme de confort, sur plusieurs heures...ça change bcp de choses ;) )

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