jeudi 27 août 2009

Le moi profond reste le meilleur des masques antirides (M. Proust)

Mes p’tits vieux se ressemblent tous un peu : les tempes grisonnantes, les traits un peu creusés, le teint buriné, les articulations rouillées et les méninges moins réactives. Pourtant, je profite de ma disponibilité le jour de leur arrivée pour trouver ce qui font d’eux des êtres plus singuliers. La porte d’entrée semble administrative « vous êtes à la retraite ? quel profession exerciez-vous ? » mais c’est en fait une clé passe-partout qui ouvre bien des trésors…

Je passe sur ma quarantaine d’agriculteurs pour vous présenter les autres :
  • boulanger aux accents de titi parisien qui raconte Rungis et ses livraisons au fil des rues de la capitale
  • employée de maison ayant parcouru la France au milieu de grandes familles
  • couturière pour corsets, l’arrivée du soutien-gorge l’a poussé à la reconversion comme ouvrière dans l’usine de pinceaux
  • un cadre et un ingérieur de la même entreprise de télécom, un mur les séparent dans le service, peut-être pareil que 30 ans auparavant…
  • chauffeur de personnalité, il convoyait « la voiture du patron » jusqu’à son héliport sur la Côte d’Azur
  • aide-soignante puis tenancière de troquet (un rapport ?)
  • chef de chantier lors de la construction de l’hôpital, il me détaille les défauts d’architecture de la bâtisse…
  • conducteur de bus à la RATP, ayant eu une dérogation pour continuer à cloper en conduisant tellement il est accro !
  • danseuse classique puis professeur de danse au Conservatoire de Paris. La carrière ultime à mes yeux… elle en a gardé une classe absolue.
Et ce ne sont que les pépites quand d'autres se distinguent par leur hobbies, je pense au monteur de films tournés entre amis jouant des sketches traditionnels congolais !

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