1ère garde aux urgences.
Même pas une heure que je suis là, et plus personne autour de moi pour répondre au téléphone. Je réponds : il faut que l’interne monte dans un service pour remplir un constat de décès. Mon dieu ! Voilà une mission à laquelle je ne m’attendais vraiment pas !
Une chose est sûre, il n’y a pas d’urgence, mais histoire que les équipes ne gardent pas le cadavre dans le placard trop longtemps, je monte voir le patient qui ne l’a pas été assez. Pour bien faire le boulot, je demande à l’infirmière l’histoire de l’inconnu et je pars donc constater si le mort est bien mort. Mais comment ? Il ne bouge pas, il ne parle pas, il est un peu palot… mais si je le stimule en lui braillant dessus ou en le secouant violemment, je crois que les aides-soignantes font se moquer dès ma sortie… Il ne bouge pas, il ne parle pas, il est palot, il a la main un peu molle et fraiche quand je le touche, il ne semble pas respirer : il est mort.
C’est donc à moi d'affirmer que la mort est "réelle et constante" alors que ça fait 1h que les soignants tournent autour du défunt… elles le savent donc mieux que moi !
Le contenu du document ressemble étrangement au certificat de décès (nb pour les juristes : je ne remplis pas ce dernier car je ne suis pas "docteur"…), à part la petite question subsidiaire : « la famille est-elle prévenue ?/ oui-non / ne cocher qu’une seule case ». Ca semble vraiment stupide tellement ça relève du réflexe, mais comme les cheks-lists avant de faire décoller un avion, il peut arriver dans la bataille, surtout quand l’équipe est nombreuse, que le coup de fil à un ami passe à l’as. Quand la femme appelle le lendemain matin pour venir aux nouvelles, ça laisse… de marbre ! (histoire vécue). La famille était donc prévenue que « ça ne va pas », elle est en chemin. Ca ne répond pas exactement à la question du constat, mais mieux vaut éviter les annonces par téléphone…
Bon, on ne s’attarde pas, le papelard est rempli, je retourne vite dans le monde des vivants en ayant l'impression d'avoir accompli une simple formalité. Etrange...
Même pas une heure que je suis là, et plus personne autour de moi pour répondre au téléphone. Je réponds : il faut que l’interne monte dans un service pour remplir un constat de décès. Mon dieu ! Voilà une mission à laquelle je ne m’attendais vraiment pas !
Une chose est sûre, il n’y a pas d’urgence, mais histoire que les équipes ne gardent pas le cadavre dans le placard trop longtemps, je monte voir le patient qui ne l’a pas été assez. Pour bien faire le boulot, je demande à l’infirmière l’histoire de l’inconnu et je pars donc constater si le mort est bien mort. Mais comment ? Il ne bouge pas, il ne parle pas, il est un peu palot… mais si je le stimule en lui braillant dessus ou en le secouant violemment, je crois que les aides-soignantes font se moquer dès ma sortie… Il ne bouge pas, il ne parle pas, il est palot, il a la main un peu molle et fraiche quand je le touche, il ne semble pas respirer : il est mort.
C’est donc à moi d'affirmer que la mort est "réelle et constante" alors que ça fait 1h que les soignants tournent autour du défunt… elles le savent donc mieux que moi !
Le contenu du document ressemble étrangement au certificat de décès (nb pour les juristes : je ne remplis pas ce dernier car je ne suis pas "docteur"…), à part la petite question subsidiaire : « la famille est-elle prévenue ?/ oui-non / ne cocher qu’une seule case ». Ca semble vraiment stupide tellement ça relève du réflexe, mais comme les cheks-lists avant de faire décoller un avion, il peut arriver dans la bataille, surtout quand l’équipe est nombreuse, que le coup de fil à un ami passe à l’as. Quand la femme appelle le lendemain matin pour venir aux nouvelles, ça laisse… de marbre ! (histoire vécue). La famille était donc prévenue que « ça ne va pas », elle est en chemin. Ca ne répond pas exactement à la question du constat, mais mieux vaut éviter les annonces par téléphone…
Bon, on ne s’attarde pas, le papelard est rempli, je retourne vite dans le monde des vivants en ayant l'impression d'avoir accompli une simple formalité. Etrange...