dimanche 27 septembre 2009

La meilleure condition de travail, c’est les vacances (JM Gourio)

Ca y est, mes 2 mois de FFI sont finis ! A moi les vacances, le farniente, les plages de sable chaud, les ballades, les visites de sites antiques, la belle vie avant le vrai début de l’internat en novembre !
En attendant, j’ai fait mon 1er départ et je peux enfin répondre aux questions du début (cf 1er article) :
_ La question logistique : comment récupère-t-on sa blouse et où est le vestiaire ?
dans la chambre de garde pour la récupérer et dans mon bureau pour la pendre, fastoche.
_ La question indépendantiste : est-ce que je décide seule si mon patient mérite un scanner ?
non, on débat à deux de l’indication mais je peux tout de même anticiper l’initiative de la prescription et le prescrire comme une grande !
_ La question commerciale : comment je décide si je prescris la pilule x plutôt que la y qui lui ressemble ?
si c’est la spé du service, le sénior décide mais il est étonnant de constater les disparités de prescriptions entre les médecins : l’un préfère manier la x et l’autre la y dans les mêmes indications. Pour le reste, c’est moi, en fonction de la position de la lune et des étoiles et surtout du peu de molécules que la pharmacie de l’hôpital veux bien nous délivrer… le vrai facteur limitant !
_ La question insondable : dans les situations x, y ou z, quels sont les trucs à ne pas oublier ?
celle là, mieux vaut un Dr Mr Soleil fin psychologue pour anticiper mes trous de mémoire… mais, parfois, ça marche.
_ La question qui tue : qui j’appelle si le cœur d’un patient s’arrête ? Comment ? Et comment marche votre défibrillateur ?
bon, le seul décès n’a pas nécessité de manœuvres de réanimation, mais indirectement, je sais maintenant biper le docteur et me servir du défibrillateur… donc on peut espérer que le prochain sur la liste saura patienter quelques minutes en ma compagnie !

Au final, j’arrive à suivre mes 15 patients même si certains « détails » (ou pas) à leur sujet rentrent mal en mémoire. Je sais orienter les thérapeutiques dans les grandes pathologies du service, même si certaines finesses resteront dans le domaine des spécialistes.
Je me suis bien entendu avec les équipes et je considère la vaseline sur les portes et mon chariot de visite filmé à la cellophane le dernier jour comme des gages de cette bonne entente…
Ça a été sport : certaines journées voire semaines ont été longues car très très remplies (record à 65h... sans les avantages des heures sup). Néanmoins, j’ai réussi à garder mes réflexes de petite souris d’externe en me rendant le plus possible disponible pour filer au plateau technique quand les examens pouvaient être intéressants : on y apprend plein de choses et ça casse bien la petite routine de la salle. Mais même dans les moments difficiles, comme dit mon co-interne « dis-toi toujours qu’il y a une fin quoi qu’il se passe, même quand tout part en live ! » fin de la journée, fin de la garde, fin de semaine, fin du stage.

Malgré la persistance de mes gros doutes sur mon niveau de compétence, même en comparaison avec ceux de ma promo… il paraît que les deux mois se sont très bien déroulés… je sais accepter les compliments et je garde tous ceux de mon départ bien au chaud dans ma valise pour commencer mon 1er semestre avec un peu plus de confiance en moi…

Je laisse quand même un peu ma trace dans le service qui aura subit mes premiers pas : la secrétaire aura lundi une cassette (compte-rendu de sortie d'un nième patient) dictée en mâchonnant du malabar mais adoucie avec quelques sucreries livrées avec, mon chef prendra soin de relire et signer ce courrier à ma place, à moins que sa griffe l'oblige à redicter un texte à son niveau... et les équipes recevront prochainement une petite carte pleine de soleil…

Et vous, je vous abandonne pour quelques semaines, Mary Putnam met momentanément son stétho et son clavier au placard avant de revenir «interne».
Mais je vous envoie une carte postale de ma villégiature :lagon de Balos à Gramvoussa, Crète...

samedi 12 septembre 2009

La mort, c'est tellement obligatoire que c'est presque une formalité (M. Pagnol)

1ère garde aux urgences.
Même pas une heure que je suis là, et plus personne autour de moi pour répondre au téléphone. Je réponds : il faut que l’interne monte dans un service pour remplir un constat de décès. Mon dieu ! Voilà une mission à laquelle je ne m’attendais vraiment pas !

Une chose est sûre, il n’y a pas d’urgence, mais histoire que les équipes ne gardent pas le cadavre dans le placard trop longtemps, je monte voir le patient qui ne l’a pas été assez. Pour bien faire le boulot, je demande à l’infirmière l’histoire de l’inconnu et je pars donc constater si le mort est bien mort. Mais comment ? Il ne bouge pas, il ne parle pas, il est un peu palot… mais si je le stimule en lui braillant dessus ou en le secouant violemment, je crois que les aides-soignantes font se moquer dès ma sortie… Il ne bouge pas, il ne parle pas, il est palot, il a la main un peu molle et fraiche quand je le touche, il ne semble pas respirer : il est mort.
C’est donc à moi d'affirmer que la mort est "réelle et constante" alors que ça fait 1h que les soignants tournent autour du défunt… elles le savent donc mieux que moi !
Le contenu du document ressemble étrangement au certificat de décès (nb pour les juristes : je ne remplis pas ce dernier car je ne suis pas "docteur"…), à part la petite question subsidiaire : « la famille est-elle prévenue ?/ oui-non / ne cocher qu’une seule case ». Ca semble vraiment stupide tellement ça relève du réflexe, mais comme les cheks-lists avant de faire décoller un avion, il peut arriver dans la bataille, surtout quand l’équipe est nombreuse, que le coup de fil à un ami passe à l’as. Quand la femme appelle le lendemain matin pour venir aux nouvelles, ça laisse… de marbre ! (histoire vécue). La famille était donc prévenue que « ça ne va pas », elle est en chemin. Ca ne répond pas exactement à la question du constat, mais mieux vaut éviter les annonces par téléphone…

Bon, on ne s’attarde pas, le papelard est rempli, je retourne vite dans le monde des vivants en ayant l'impression d'avoir accompli une simple formalité. Etrange...

jeudi 3 septembre 2009

La publicité pousse les gens à ne pas se fier à leur jugement ; elle leur apprend à être stupides (C. Sagan)

Avec ce titre, tout est dit. Pourtant, ma relation avec les visiteurs médicaux reste toujours très malhabile. Gardez son indépendance stricto-sensu ou accepter d’écouter leur laïus, de prendre leurs gadgets, leurs invitations puis d’intervenir dans leurs conférences…. ou s’arrêter ?
  • Exemple 1. Une ravissante pimbêche (portrait) débarque pendant la visite et fait le piquet à 2m du chariot sans piper mot. On part voir un patient, on revient, elle s’approche enfin et se fait violemment rabrouer pour un motif simple : on est en plein travail et on discute des patients dans le couloir, "secret médical et prenez RDV".
  • Exemple 2. On prend le temps de les recevoir sur RDV, on les écoute, on se renseigne sur le produit avec des sources moins colorées mais plus indépendantes et quand ils reviennent, on parle du produit en connaissance de cause. Beaucoup plus équilibré et respectueux du travail de chacun.
  • Exemple 3. On les écoute d’une oreille en les caressant dans le sens du poil. Mais le seul but à atteindre est de leur tirer un maximum d’argent pour financer les activités à caractère syndical et/ou formateur. Jeu de dupe bilatéral tout aussi équilibré que le précédent, mais plus lugubre.
Que du vécu.

Au milieu de tout ça, la future prescriptrice que je suis ne vaut encore rien à leurs yeux. J’observe en spectatrice grâce à ma casquette de "presque pas grand chose" de FFI. Encore une fois, ce statut m’arrange bien. Il m’aura fallu un déjeuner à l’internat en face d’une visiteuse avec une longue présentation de ma fonction bâtarde pour qu’elle me file une plaquette de recommandations faite à l’échelon local. Les couleurs sont belles, mais à part alourdir mes poches, le contenu est trop pauvre pour être utile… J’ai au moins allégé son sac… mais mon stylo noir ne va pas tarder à lâcher…
Et ces foutus labos au sens marketing pourtant aiguisé n'ont toujours pas compris que ces taille 36-tailleur-blondes-à forte poitrine avaient plutôt le don d'agacer les nouvelles Dr Queen qui pullulent maintenant dans les cabinets. Pourtant Dieu sait combien les femmes maudissent la concurrence... Elle arrive quand la relève à notre pointure : jeunes bruns-teint halé-costard bien ajusté ? :D

jeudi 27 août 2009

Le moi profond reste le meilleur des masques antirides (M. Proust)

Mes p’tits vieux se ressemblent tous un peu : les tempes grisonnantes, les traits un peu creusés, le teint buriné, les articulations rouillées et les méninges moins réactives. Pourtant, je profite de ma disponibilité le jour de leur arrivée pour trouver ce qui font d’eux des êtres plus singuliers. La porte d’entrée semble administrative « vous êtes à la retraite ? quel profession exerciez-vous ? » mais c’est en fait une clé passe-partout qui ouvre bien des trésors…

Je passe sur ma quarantaine d’agriculteurs pour vous présenter les autres :
  • boulanger aux accents de titi parisien qui raconte Rungis et ses livraisons au fil des rues de la capitale
  • employée de maison ayant parcouru la France au milieu de grandes familles
  • couturière pour corsets, l’arrivée du soutien-gorge l’a poussé à la reconversion comme ouvrière dans l’usine de pinceaux
  • un cadre et un ingérieur de la même entreprise de télécom, un mur les séparent dans le service, peut-être pareil que 30 ans auparavant…
  • chauffeur de personnalité, il convoyait « la voiture du patron » jusqu’à son héliport sur la Côte d’Azur
  • aide-soignante puis tenancière de troquet (un rapport ?)
  • chef de chantier lors de la construction de l’hôpital, il me détaille les défauts d’architecture de la bâtisse…
  • conducteur de bus à la RATP, ayant eu une dérogation pour continuer à cloper en conduisant tellement il est accro !
  • danseuse classique puis professeur de danse au Conservatoire de Paris. La carrière ultime à mes yeux… elle en a gardé une classe absolue.
Et ce ne sont que les pépites quand d'autres se distinguent par leur hobbies, je pense au monteur de films tournés entre amis jouant des sketches traditionnels congolais !

lundi 24 août 2009

La vérité pure et simple est très rarement pure et jamais simple. (O. Wilde)

Lors de l’hospitalisation d’un charmant patient, octogénaire sans en avoir l’air, on lui fait en cadeau de bienvenue un bilan sanguin retrouvant une aplasie (comprendre : peu de cellules sanguines) alors qu’on ne la cherchait pas. Le patient ne se plaint de rien mais on le transfuse aussi sec et on pense déjà au cancer. Les ennuis commencent !

Les hématologues, plus spécialistes dans ce domaine, viennent le prélever de partout. D’abord un myélogramme consistant à prélever de la moelle osseuse qui confirme l’aplasie mais ne suffit pas à trouver la cause. Puis une biopsie ostéo-médullaire, ce fut douloureux et le patient en garde un sale souvenir…

On en est là quand il débarque dans le service : l’attente du diagnostic met sa prise en charge médicale en sursis… Il sait déjà que son aplasie peut être d’origine bénigne ou "une maladie du sang". Je n'insiste qu’à demi-mot sur la gravité tant que les résultats ne sont pas formels. Puis vient le résultat de la biopsie : « non contributif ». Ca me fait une belle jambe !
Le patient accepte de bon gré de se faire rebiopsié, sous gaz hilarant à visée antalgique : ce ne fut pas tordant, mais peu douloureux, objectif atteint.
Le lendemain au déjeuner, entre le fromage et le dessert, un hémato me glisse : «au vu des premiers résultats, ton patient a une leucémie, il est palliatif du fait de son âge, traitement symptomatique. ». Traduction : c’est bien un cancer, les référentiels ne recommandent pas de traitement curatif vu l’âge, débrouille toi comme tu peux pour lui donner les cellules manquantes si ça se dégrade afin qu'il gagne quelques semaines de vie. Ça me fait encore une belle jambe !
Depuis, j’attends toujours le résultat définitif de la 2ème biopsie pour organiser « la consultation d’annonce » issue du "plan cancer" de J. Chirac. Le patient aura l’occasion de revoir l’hématologue qui lui exposera après révélation du diagnostic « une information claire, loyale et adaptée » et un «
Plan Personnalisé de Soins » proposé suite à "une réunion de concertation pluridisciplinaire". Je vous laisse imaginer la pauvreté du plan en question dans ce cas…
Patient à double titre, mon cancéreux qui s'ignore, par ailleurs adorable, continue d’attendre son diagnostic catastrophique alors qu’il ne se plaint toujours de rien. Et je continue à faire des courbettes devant lui tous les matins car ce genre d’annonce ne se fait pas par la stagiaire en vitesse au milieu de la visite matinale. Vaste cirque.

Heureusement, j’ai pu me rattraper en annonçant à deux jeunes de mon âge que leur papa, un autre patient, est mourant et que toute manœuvre de réanimation serait de "l'obstination déraisonnable" dans son cas. Ils étaient d’accord… Mon égo leur dit merci d’avoir pu dire la vérité sans heurts ni larmes. Gloups.

Bilan du jour au jeu législatif : loi sur les soins palliatifs du député Léonnetti 1 - loi sur le cancer de l’ex-président Chirac 0…

lundi 17 août 2009

Les galères font le galérien. (V. Hugo)

Long week-end + lendemain de garde du chef
= grosse galère !


L’équation était écrite d’avance, et ça ne pouvait se démentir. Je devais faire ma visite toute seule, ça j’ai appris, mais les obstacles furent nombreux quand il faut :
  • savoir rester vigilant pour ne pas laisser s’accumuler les problèmes du week-end mais finir sa visite en ayant vu tous les patients et préparé les sorties. 14h30, la définition de « visite du matin » est assez large. J’ai faim.
  • savoir gérer au milieu de tout ça un patient qui s’aggrave, mais absolument pas pour une cause liée à son hospitalisation, donc sans les précieux conseils des spécialistes du service… Pour aller aux faits, c’est dur de réclamer des « examens d’urine » pour poser un diagnostic chez un patient décidé à ne pas pisser _car le problème initial était celui-là_ et insondable…. CQFD… Par malheur, plus j’avançai dans mes investigations, plus les problèmes s’accumulaient. Mais par miracle (il en faut dans ces cas-là), il s’est décidé à s’améliorer, en clair, à uriner, quand je commençais à trembler pour lui, et les examens difficiles d’accès demandés en urgence ont été obtenus. Peut-être aussi que l’infirmière qui m’a suggéré d’arrêter un médicament à risque y est également pour beaucoup dans l’amélioration de la situation ! Je n’étais donc pas si seule aujourd’hui...
  • prendre son courage à deux mains pour récolter les avis des confrères plus capés sur, une fois de plus, des problèmes que ne relève pas de la spécialité du service. Là, je suis méthodique : mes dossiers sous le bras, je cours les étages… pour en trouver une, que je réclamais depuis une semaine, au chevet de mon patient, pourquoi faire simple ?
  • ne pas oublier de voir les petits nouveaux
  • faire patienter tout ce petit monde jusqu’au retour du vrai docteur, demain.
Malgré tout, j’avoue avoir laissé un peu de travail plus administratif de côté pour ne pas y passer aussi la soirée…

Comme quoi, même en service (ultra)spécialisé, j’ai l’impression de faire de la médecine générale tous les jours :
  • suspicion de leucémie, découverte fortuitement en cours de bilan
  • rétention d’urine chez un patient qui montrait déjà les signes d’une prostate un peu grosse , chez qui je découvre maintenant des reins paresseux (c'est lui ma galère du jour...)
  • séquelle d’attaque cérébrale qui se complique
  • diabétiques au taux de sucre dûr à équilibrer
  • cancéreux métastasé qui a le dos en gruyère : il a mal et peine à trotter
  • « glissement » d’une petite mamie : elle sature d’être parmi nous, lâche prise, et donc ne reprend pas le poil de la bête qui suffirait à lui donner son ticket de sortie. Un cercle vicieux.
  • autre cancéreux dont le rein et le cœur ne supportent plus le cancer et la chimio. Il gonfle, gonfle, donc on le traite surtout en limitant ses boissons car les médocs peinent à faire effet. Mais il boit des diabolos menthe en cachette à la cafet' pour se changer les idées… Autre cercle vicieux.

lundi 10 août 2009

Entre presque oui et oui, il y a tout un monde (A. de Musset)

Officiellement, l’administration hospitalière m’a recruté comme "FFI". A part des réminiscences de faits de résistance pendant la seconde guerre mondiale, ce titre n’évoque rien à personne…
Donc dans le service, patients ou soignants, je suis déjà « interne », c’est quand même bien plus simple ! D’ailleurs, visiblement, la lingerie a aussi oublié de faire la distinction (contrairement à quelques collègues aussi mal capés que moi).
Il m’arrive même de prendre du galon grâce à mon chef : « Bonjour, c’est la visite des docteurs ». Personne derrière ? Donc oui, l’autre doc, c’est bien moi ! Il y a même un patient qui accepte spontanément de me monter en grade : c’est le même que celui du billet précédent qui s’entête à réclamer la « doctoresse ». Quand nos ministres se demandent encore s’il faut dire « Madame le/la ministre », je me contenterais aisément d’un « mademoiselle le docteur » au lieu de ce brin de féminité un peu trop surannée…
Ca ne m’empêche pas 10 minutes plus tard de voir un autre patient qui raccroche rapidement son téléphone car « y’a la visite de l’infirmière ». 2/3 de femmes dans nos promotions, mais la féminisation de la profession aux yeux de la société n’est pas encore d’actualité.
Mais quand il s’agit d’intervenir auprès de correspondants avisés (futurs confrères, autres services…), je garde mon titre de « Faisant-Fonction d’Interne » comme une excuse de débutante signifiant « ne m’en voulez pas de vous déranger, je ne suis pas encore interne pour de vrai, soyez indulgents s’il vous plait »


Alors que je ne suis que « presque » « pas encore médecin » pour seulement 2 mois, certains le restent pendant des années ! En fait, mon travail consiste à faire le travail de petites mains des médecins : la visite en salle, la surveillance quotidienne des patients, le relationnel avec les familles et les comptes-rendus de sortie. Pour moi, c’est un réel plaisir d’évoluer et mon statut transitoire me préoccupe peu. Mais comme le nombre d’interne n’est pas extensible à l’infini et qu’il vaut mieux occuper les médecins à pratiquer des actes plus lucratifs, nos hôpitaux ont trouvé la parade. Pour combler la carence, ils recrutent à tour de bras de jeunes médecins souvent africains, déjà «docteurs en médecine » dans leur pays d’origine, en leur promettant une spécialisation à la française, effective, mais pas forcément sur le sol français... Pour cela, on leur attribue ce statut bâtard de « presque rien». Bien sûr, ils ont le même statut que moi : embauchés en CDD sans le contingent de privilèges de leurs collègues français. Il va sans dire que le salaire n’a aucune commune mesure avec celui de mes pontes et, corvéables à merci, ils ne comptent pas leurs heures (contrairement à moi : 53 la semaine dernière, et c’est pas si énorme !). Ils rapportent donc à leur famille moins qu’un agent en fin de carrière _surveillant jalousement son nombre de « RTT » avec l’aide de syndicats_ que nos FFI n’ont pas (enfin si, le presque inconnu SNPADHUE).

Comme quoi, même chez les docteurs, la précarité existe !